Certes, les plus connus gagnent mieux leur vie, mais combien sont-ils à vivre diverses formes de simplicité volontaire et souvent involontaire afin de poursuivre leurs recherches et travaux ? Étant nous-mêmes dans cette situation de précarité extrême et ce, depuis grand nombre d’années, nous avons imaginé des alternatives aux systèmes déjà proposés, dans lesquels nous ne trouvions jamais totalement notre place. Seule solution : créer un nouveau modèle plus englobant tout en laissant intactes créativité, inspirations, unicité et liberté, valeurs fondamentales à tout créateur.
Une première version de Cyme magazine a vu le jour en été 1997 et quelques temps plus tard est né le concept du Village Virtuel. Créé à l’image d’un village réel, formé et géré par et pour des artistes, musiciens, écrivains et artisans, le Village virtuel offrait la possibilité d’avoir une vitrine sur Internet à coûts très modiques et de vivre une expérience de communication avec ses membres et ses visiteurs. De plus, chaque nouveau membre bénéficiait d’un reportage dans le magazine Cyme.
C’était le début d’un rêve. Créer un réseau de coopération entre créateurs grâce à cette nouvelle dimension virtuelle qu’offrait l’internet. Je relis ce texte sur le dépliant du Village Virtuel, intitulé :"Pourquoi un Village Virtuel" écrit par Georges Payer.
Depuis la nuit des temps, les êtres humains ont cherché à se regrouper, à s’unir et à créer des alliances entre eux afin de mieux survivre dans un environnement souvent hostile de la nature.
Aujourd’hui, avec les moyens que la technologie moderne met à notre disposition, il nous est permis d’imaginer un nouveau type de communauté basé sur les valeurs universelles de la créativité, de la communication et de l’entraide.
Cette communauté emmène avec elle une nouvelle dimension : la dimension virtuelle. Grâce à elle, des centaines de personnes de tous les pays peuvent aujourd’hui entrer en communication d’une façon interactive et ce, sans interrompre leurs activités.Un sculpteur de Californie, vivant au coeur de Los Angeles prépare une exposition avec un autre de Tokyo et un autre de St-Jean-Port-Joli grâce à l’internet. Un batteur de Paris improvise en direct avec un pianiste de Nouvelle-Orléans, un bassiste de Londres et un guitariste de Montréal en vue d’un album qui sera "mixé" à New-York et pressé à Toronto.
Au moment même où vous lisez ceci, des gens se découvrent des collaborations possibles et inespérées grâce au fait qu’ils ont pu entrer en communication. Les miracles prennent naissance dans la croyance qu’une chose est possible.
Nous croyons qu’une communauté virtuelle d’artistes, d’artisans, de musiciens, d’écrivains et de créateurs ne peut être qu’une bénédiction pour elle-même et pour l’humanité parce qu’elle met en contact des rêveurs de réalité et des réalisateurs de rêves.
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Solidaire Georges, Cérika & Co - Solidaires au Village médiéval - Été 2001 |
À cette époque, je participais fréquemment à des salons d’expositions. Je revois ce jour où, dépliant tout chaud en main, j’avais fait le tour de tous les artistes et artisans exposants, leur parlant de cette merveilleuse nouvelle. Un moyen de diffusion, une collaboration, une vitrine sur la scène mondiale !
Un peu comme John et Yoko, qui avaient eu la vision : "war is over if you want it" (la guerre est finie si nous voulons) ont réalisé qu’un an plus tard, rien n’avait vraiment bougé, de la même façon, j’ai vu que notre idée semblait un peu avant son temps. Certains commentaires disaient même : Y’a-t’il vraiment du monde là-dessus, sur internet ?
Les années ont passé et internet est devenu une réalité dans la majorité des foyers québécois. Beaucoup de gens aujourd’hui ont une boîte de courrier électronique et un nombre grandissant de sites voit le jour quotidiennement. Nous avons continué nos aventures et recherches et revenons avec le même concept qu’en 1997. Cyme magazine, medium d’expression orienté particulièrement sur les volets culturels mais aussi toujours teinté d’esthétisme, d’éthique et de valeurs fondamentalement humanistes, refait surface avec une toute nouvelle dimension, son côté interactif. Et plus que jamais, nous travaillons à bâtir ce réseau avec et pour les artistes, les créateurs et tous les humanistes rêvant d’un monde meilleur.
Parallèlement, nous fouillons aussi depuis quelques années les systèmes qui amènent la création de la vraie richesse ! Plusieurs tentatives ont été faites un peu partout dans le monde. Je pense à ces groupes de femmes dans les pays du tiers-monde qui ont créé une caisse de fonds et soutiennent des projets ne trouvant aucune forme de financement. Je réfère aussi à "l’argent vert" de la Colombie-Britanique [1], aux cercles d’abondances qui se répandent de plus en plus, entre autres au Québec, à l’initiative française le SEL (système d’économie locale)... Toutes ces démarches nous ont fasciné et seront retraitées dans des articles ultérieurs.
Notre système, nous l’avons appelé "les Cent Causes". Je le visualise souvent comme ces projets d’économie locale en Afrique. Avoir la capacité de soutenir des idées nouvelles, des projets "marginaux", parfois à risques, mais aussi tellement prometteurs.
Il est souvent dit : "Acheter, c’est voter". Alors, si je vous dis que d’avoir une vitrine internet sur la plateforme du Village Virtuel peut aider un créateur à vivre décemment de son art ou encore, que de prendre un courriel sur internetkebec.net aura non seulement des avantages pour vous personnellement, mais aussi pour une cause humanitaire commençant dans votre environnement, au Québec, peut-être aurez-vous le goût de participer à ce collectif, à l’Expérience de l’Expérience.
[1] Dans les années 80, Michael LINTON, écossais vivant dans une région touchée par la crise (l’île de Vancouver à l’extrême ouest du Canada), frappé de voir autant de gens doués de savoir-faire, réduits à l’inactivité du fait d’un manque d’argent, se mit en tête de rationaliser un autre moyen d’échange utilisé localement : le troc. Il inventa le L.E.T.S. : LOCAL EXCHANGE TRADING SYSTEM.